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Articles glanés avant avril 2009
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Lien :
http://www.liberation.fr/monde/0101558854-le-cyberespace-sous-l-oeil-de-pekin
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| Date : 30 mars 2009
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Titre :
Le cyberespace sous l’œil de Pékin ?
Des chercheurs canadiens ont localisé sur l’île de Hainan plusieurs serveurs utilisés lors d’attaques contre les cercles tibétains, des ambassades et des ONG. |
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La Chine est-elle au cœur de la plus grosse affaire de cyberespionnage de l’histoire d’Internet ? C’est ce qu’avance une équipe de chercheurs canadiens dans un rapport publié ce week-end. Ils ont baptisé l’opération «Ghost Net» et le programme espion «Ghost Rat». Depuis juin 2007, ce «rat fantôme» aurait infiltré 1 295 ordinateurs dans 103 pays différents. Parmi les cibles, les organisations tibétaines en Inde, à Bruxelles, Londres et New York, mais aussi des ambassades, des sièges de gouvernement. Les auteurs du rapport reconnaissent ne disposer d’aucune preuve impliquant l’Etat chinois. Mais ils rappellent que la doctrine de «défense active» , développée par Pékin depuis la fin des années 90, accorde une importance stratégique à la guerre informatique pour contrer la puissance américaine.
«A ce jour, écrivent les chercheurs, aucune des attaques n’a pu être reliée ni à l’Etat chinois, ni à aucun individu spécifique, bien que beaucoup d’entre elles aient bénéficié à la politique et aux intérêts de l’Etat chinois.» Les spécialistes du centre Munk pour les études internationales de l’université de Toronto rappellent les récurrentes accusations d’espionnage virtuel par la Chine, notamment des gouvernements et services secrets américains et britanniques.
Déguisés. Ensuite, ils affirment avoir localisé les adresses IP de quatre serveurs utilisés lors des attaques. Le plus fréquemment cité se trouve sur Hainan, une île dans le sud de la Chine qui, rappelle l’étude, abrite la base de renseignement de Lingshui, l’une des plus grandes de l’Armée populaire de libération. Les chercheurs en font le constat, sans s’aventurer plus loin : «La difficulté d’identifier les auteurs donne aux Etats un alibi plausible et la possibilité de se distancier officiellement de ces attaques.» Prudents, ils n’excluent aucune hypothèse. Ni l’offensive d’un groupe «sans agenda politique» ni le «hasard» qui aurait frappé simultanément «des cibles de haute importance stratégique pour la Chine». Des «hackers patriotiques», comme la Chine en compte par dizaines de milliers, pourraient aussi avoir agi de leur propre initiative. Il n’est pas inconcevable non plus que ce réseau ait été créé par un autre Etat, mais hébergé sur des serveurs chinois pour brouiller les pistes. L’île de Hainan serait ainsi la fausse base de hackers déguisés en Chinois. Les scénaristes du prochain James Bond trouveront une mine d’inspiration dans ce rapport «Ghost Net».
La réaction du porte-parole du consulat de Chine à New York a été dans le ton : «Ce sont de vieilles histoires qui n’ont aucun sens», a dit Wenqi Gao au New York Times, qui a révélé l’affaire samedi. «Le gouvernement chinois s’oppose à tous les cybercrimes et les interdit.»
Pot de miel. Tout est parti d’un appel des Tibétains en exil en Inde. En juin 2008, à la veille des Jeux olympiques, les pseudo-pourparlers entre le dalaï-lama et la Chine piétinent. A Dharamsala, on craint que l’un des 23 ordinateurs du bureau particulier du dalaï-lama ait été piraté, comme cela s’est déjà produit à plusieurs reprises. L’enquête commence, elle va durer dix mois et conduire ses auteurs bien au-delà des cercles tibétains. Après avoir identifié le «Ghost Rat» qui permet à l’attaquant de piloter l’ordinateur à distance, d’y subtiliser des fichiers et même d’y faire tourner une webcam, le tout à l’insu de son utilisateur, ils ont installé un ordinateur «pot de miel» pour attirer les pirates. Ils ont ainsi pu remonter vers les serveurs utilisés : trois sur quatre se trouvent en République populaire de Chine (à Hainan, dans le Sichuan et le Shandong). Ils ont mis la main sur la liste complète des 1 295 ordinateurs infectés : ils se trouvent dans des ministères des Affaires étrangères de pays d’Asie du Sud-Est (pour la plupart), des ambassades (Allemagne, Inde, Pakistan, Corée du Sud…), des organisations internationales (Asean, Otan…), des médias et des ONG. De tous ces ordinateurs, «"Ghost Rat" a pu prendre le contrôle complet» pendant des durées allant de quelques heures à six cents jours.
Selon l’étude publiée sur Infowarmonitor.net, la découverte de ce réseau met en lumière la fragilité d’Internet. «La prolifération de systèmes informatiques dans les gouvernements, les associations, les entreprises représente une mine pour les cyberespions en puissance. Hormis chez les professionnels du secret, la conscience de la cybervulnérabilité est faible.» L’affaire démontre la facilité avec laquelle un programme informatique espion peut être utilisé pour «construire à faible coût un système d’espionnage efficace». «Internet a permis à des individus ou à des petits groupes d’acteurs non étatiques d’infiltrer les réseaux informatiques dans des domaines qui étaient autrefois du seul ressort des services secrets. Nous sommes entrés dans l’ère de l’espionnage "do it yourself".» |
| Signature :
PÉKIN, de notre correspondante PASCALE NIVELLE |
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| Date : 14 mars 2009 |
Jeudi, les députés européens ont demandé à Pékin de renouer le dialogue sur une "autonomie réelle" du Tibet dans un texte adopté avec 338 voix pour, 131 contre et 14 abstentions. |
| Signature : AFP |
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| Lien : http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1074121 |
Date : 10 mars 2009 |
Titre : Le "J'accuse" du dalaï-lama |
Extrait : Le dalaï-lama accuse. A l'occasion du 50e anniversaire de l'échec d'un soulèvement antichinois, il accuse la Chine d'avoir fait du Tibet un "enfer" et d'avoir tué "des centaines de milliers de Tibétains". De son lieu d'exil de Dharamsala, dans le nord de l'Inde, le chef spirituel du bouddhisme tibétain, réitère sa revendication d'une "autonomie significative" pour son pays natal. Après l'invasion et l'occupation par la Chine du Tibet en 1950-1951, Tenzin Gyatso, le 14e dalaï-lama avait fui le 17 mars 1959 et traversé la frontière indienne le 30, treize jours après le début d'une insurrection avortée à Lhassa contre le régime chinois. Pékin s'est empressé de répondre au guide spirituel tibétain. |
Signature : |
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| Lien : http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1073574 |
Date : 10 mars 2009 |
Titre : Pékin boucle les régions tibétaines et en interdit l'accès aux étrangers |
Extrait : Le régime chinois n'a voulu prendre aucun risque. A l'approche de la date anniversaire du soulèvement antichinois de Lhassa, le 10 mars 1959 - qui a conduit le jeune dalaï-lama à prendre la fuite - d'importants renforts policiers et paramilitaires ont été envoyés au Tibet et dans les provinces voisines. Les régions tibétaines sont entièrement bouclées. Les touristes sont interdits de voyage au Tibet, y compris dans les districts tibétains des provinces du Gansu et du Sichuan, où d'ordinaire aucune permission n'est exigée. Journalistes et étrangers sont proscrits dans les aéroports les plus proches quand ils tentent de traverser le maillage policier.
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Signature : |
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| Lien : http://www.liberation.fr/monde/0101553204-pekin-permet-l-expression-d-une-haine-ethnique |
Date : 10 mars 2009 |
Titre : «Pékin permet l’expression d’une haine ethnique»
Interview
L’Américain Robbie Barnett, spécialiste du Tibet : |
Robbie Barnett, auteur de nombreux ouvrages sur le Tibet, dirige le Centre d’études tibétaines modernes de l’université de Columbia, à New York. Il est l’un des meilleurs connaisseurs du Tibet.
Quelle a été la politique chinoise au Tibet depuis cinquante ans ?
Pendant les huit premières années qui ont suivi l’invasion du Tibet [en 1951, ndlr], la Chine a tenté de faire des compromis avec l’élite tibétaine, les aristocrates et la hiérarchie religieuse, sans jamais parler de réforme. La fuite du dalaï-lama en Inde, il y a cinquante ans, a marqué la fin de cette tentative du dirigeant chinois, Mao Zedong, d’accepter la réalité de la situation. Au cours des vingt années suivantes, Mao a redistribué les terres à la classe paysanne, déclenchant une inimaginable période de férocité, de meurtres et de ferveur idéologique. Tout change en 1979 : Deng Xiaoping annonce une sorte d’entente avec l’élite tibétaine, qui est réhabilitée, et encourage un renouveau culturel. En 1980 à Lhassa, le secrétaire général du Parti communiste chinois, Hu Yaobang, s’excuse pour les atrocités passées et annonce que les cadres chinois au Tibet seront graduellement remplacés par des Tibétains. Un geste extraordinaire et impensable aujourd’hui ! L’ouverture débouche, au début des années 90, sur une politique de soutien à la classe moyenne tibétaine. Cette période durant laquelle les Chinois ont fait preuve de leur capacité d’accepter la société tibétaine dans sa totalité, était sans conteste la plus prometteuse pour l’avenir du Tibet. Aujourd’hui, ils s’en éloignent davantage jour après jour. A partir de 1992, Pékin est allé bien au-delà des mesures répressives militaires et policières classiques.
Comment ?
Pékin a commencé à détruire le tissu culturel tibétain qu’il considère comme étant à la racine des idées nationalistes, à l’aide de commissaires politico-culturels. Cette stratégie a été formalisée en 1994 par l’ancien président Jiang Zemin, qui a officiellement interdit le culte du dalaï-lama, et obligé le clergé à le dénoncer par écrit - en tant que personnalité religieuse. Auparavant, seules les positions politiques du dalaï-lama étaient critiquées. Tous les fonctionnaires, même les balayeurs municipaux, ainsi que les étudiants, se sont vu interdire de pratiquer tout culte religieux ; les livres d’histoire du Tibet ont été réécrits pour minimiser le rôle de la religion ; les intellectuels tibétains enseignant dans les universités ont été mis en retraite anticipée, tandis que la politique d’introduction du tibétain en tant que langue d’enseignement dans les écoles secondaires a été révoquée… Cette décision de la Chine moderne d’adopter - en se gardant de les rendre publiques - des pratiques héritées de la Révolution culturelle, constitue un tournant significatif. Tel un chirurgien, l’Etat s’est mis à amputer les compartiments de la pensée qu’il juge néfastes.
Le dalaï-lama décrit la situation actuelle au Tibet comme une occupation militaire…
Le Tibet est une garnison géante. Il y a une quinzaine de casernes autour de Lhassa, dont certaines sont immenses, et à l’approche d’une date d’anniversaire sensible, on voit des soldats armés prendre position derrière des sacs de sables. Les policiers s’équipent de gilets pare-balles bien qu’il n’y ait pas eu de cas de Tibétains utilisant une arme pour des raisons politiques depuis une trentaine d’années. La Chine paraît décidée à résoudre le problème du Tibet avec ses soldats plutôt que par le dialogue politique. On l’a vu l’an dernier avec la répression des 150 manifestations qui ont éclaté en l’espace de quelques semaines au Tibet.
Pourquoi les trois rencontres qui ont eu lieu l’an dernier entre les émissaires chinois et ceux du dalaï-lama ont échoué ?
Le pouvoir chinois a confié la question tibétaine à des bureaucrates qui n’ont pas intérêt à la résoudre, car la moindre concession déclencherait une réaction immédiate des durs du régime et des militaires, conduisant au limogeage de ces mêmes bureaucrates. C’est la recette d’un échec annoncé.
Pékin refuse-t-il l’idée même d’un compromis politique ?
Cela va plus loin encore. La Chine permet, depuis l’an dernier, l’expression nouvelle d’une haine ethnique à l’encontre des Tibétains. Pékin encourage un mouvement nationaliste qui qualifie désormais ouvertement les Tibétains de «terroristes» et les traite de manière discriminatoire, voire raciste. Depuis janvier, les Tibétains se voient refuser l’accès à beaucoup d’hôtels, à Pékin ou ailleurs en Chine ! Même des officiels tibétains sont parfois victimes de cette discrimination. Rien n’enrage davantage les Tibétains que ces mesures vexatoires, semble-t-il suscitées par une circulaire policière obligeant les patrons d’hôtels à signaler la présence de Tibétains dans leur établissement. Les Tibétains, qui sont pour la plupart persuadés que des centaines d’entre eux ont été tués dans la répression des manifestations de l’an dernier, n’ont plus la moindre considération pour le gouvernement chinois. |
Signature : Recueilli par PHILIPPE GRANGEREAU (à Washington) |
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http://www.lefigaro.fr/international/2009/02/26/01003-20090226ARTFIG00388-droits-de-l-homme-un-rapport-americain-heurte-la-chine-.php |
| Date : 26 février 2009 |
Titre :
Droits de l'Homme : un rapport américain heurte la Chine |
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«La promotion des droits de l'Homme est un élément essentiel de notre politique étrangère», a assuré Hillary Clinton. Crédits photo : AP
Le rapport annuel du département d'État dénonce les violations des libertés individuelles en Chine. Un sujet sur lequel Hillary Clinton s'était montrée discrète lors de sa récente visite à Pékin. La Chine demande à Washington d'arrêter de donner des leçons.
«Le bilan du gouvernement chinois en matière de droits de l'Homme est resté mauvais et s'est aggravé dans certaines régions». Dans son rapport annuel sur les droits de l'Homme, le département d'Etat américain pointe du doigt Pékin pour ses violations des libertés individuelles. Un rapport qui contraste avec la discrétion d'Hillary Clinton sur le sujet, lors de sa visite officielle en Chine il y a quelques jours. D'ailleurs, en présentant ce document, la secrétaire d'Etat américaine est apparue sur la défensive. Elle avait été critiquée pour avoir donné la primeur à l'économie et au réchauffement climatique lors de sa visite à Pékin. «La promotion des droits de l'Homme est un élément essentiel de notre politique étrangère», a-t-elle assuré. «Mais nous ne nous limiterons pas à une seule approche pour vaincre la tyrannie et l'asservissement».
Pour la Chine, le rapport cite notamment la «répression des minorités ethniques dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang et au Tibet». Le document dénonce aussi les «éliminations et tortures» infligées aux opposants, et le «harcèlement» subi par les dissidents, les défenseurs des droits de l'Homme et leurs avocats, notamment pendant la période phare des Jeux olympiques.
«Nous appelons les Etats-Unis à se pencher sur leurs propres problèmes des droits de l'Homme et à arrêter de se poser comme le gardien des droits de l'Homme», a réagi jeudi la Chine par l'intermédiaire du porte-parole du ministère des Affaires étrangères Ma Zhaoxu. Pékin avait auparavant dénoncé, selon les termes de l'agence officielle Chine Nouvelle, un rapport qui «ignore délibérément et déforme les faits» de même qu'il «ignore les efforts consentis par la Chine» dans le domaine des droits de l'homme et «qui ont été largement reconnus». La Chine dénonce une critique «sans fondement» et qui contient «des remarques irresponsables sur les systèmes ethnique, religieux et légal» chinois.
«Des obligations en matière de droits de l'Homme»
Bien que ce rapport concerne une période pendant laquelle l'administration Bush était au pouvoir, il porte la marque du nouveau président Barack Obama. Le département d'Etat se dit «conscient de l'intérêt que suscite le bilan des Etats-Unis aussi bien dans le pays qu'à l'étranger» et note que les opinions émises par divers acteurs de la communauté internationale sur le respect des droits de l'Homme aux Etats-Unis «ne sont pas des ingérences dans nos affaires internes». «De même que tous les autres Etats souverains, nous avons des obligations internationales en matière de respect des droits de l'Homme et des libertés de nos citoyens «, ajoute le rapport. Le document mentionne notamment le camp de détention de Guantanamo, pour noter que Barack Obama en a décidé la fermeture d'ici un an.
Le document épingle également l'Égypte ainsi que onze pays dans lesquels la situation s'est détériorée en 2008 : la République démocratique du Congo (RDC), l'Erythrée, la Mauritanie, le Zimbabwe, la Chine, l'Arménie, l'Egypte, l'Iran, le Sri Lanka, Cuba et le Venezuela. Sur la quarantaine de pays mentionnés dans l'introduction du rapport, seuls la Thaïlande, le Bangladesh, l'Irak, la Colombie et le Guatemala sont cités pour les progrès effectués. Les autres sont des pays où les droits restent violés systématiquement, comme la Birmanie, le Bélarus, la Corée du Nord au bilan «abyssal», la Tunisie avec sa «répression systématique et sévère des libertés d'expression et d'association», ou encore l'Ouzbékistan où la torture reste «systématique». Le rapport fait par ailleurs un bilan critique de la situation en Russie où, dit le texte, les libertés civiles sont «en état de siège».
Dans l'introduction des quinze pages du rapport consacrées à la France, le département d'Etat américain signale que le gouvernement français a globalement respecté les libertés individuelles mais signale divers problèmes dans plusieurs domaines. Parmi ceux-ci la surpopulation et l'état de délabrement des prisons françaises, la longueur excessive des détentions provisoires et des procédures judiciaires, les discriminations visant les populations juives, musulmanes et les immigrants. Le document pointe aussi du doigt les violences faites aux femmes, aux enfants, et le trafic d'êtres humains.
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| Signature :
Jérôme Bouin (lefigaro.fr) Avec AFP |
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| Lien :
http://www.lefigaro.fr/matieres-premieres/2009/02/25/04012-20090225ARTFIG00350-la-chine-poursuit-sa-course-mondiale-aux-matieres-premieres-.php |
| Date : 25 février 2009 |
Titre :
La Chine poursuit sa course mondiale aux matières premières
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La diplomatie chinoise obtient de nouveaux contrats dans le pétrole au Brésil et dans les mines en Australie.
Mexique, Jamaïque, Colombie, Venezuela, Brésil pour le vice-président Xi Jinping, Arabie saoudite, Mali, Sénégal, Tanzanie pour le président Hu Jintao : les visites des dirigeants chinois dans le monde se sont multipliées depuis le début de l'année. «Elles se sont avérées très fructueuses», note l'agence de presse officielle Xinhua. Et pour cause.
La Chine est le premier consommateur mondial de cuivre, d'acier, de zinc, le deuxième d'aluminium, et ses besoins en pétrole sont énormes. Il lui faut impérativement sécuriser ses approvisionnements. Ces visites répétées servent à cela.
Au Brésil, la Chine a signé deux contrats portant sur la livraison de 100 000 à 160 000 barils par jour, en échange d'une ligne de financement pouvant aller jusqu'à 10 milliards de dollars.
En Russie, les groupes Rosneft et Transneft vont recevoir 25 milliards de dollars de prêts de la China Development Bank pour commencer la construction d'une branche de l'oléoduc entre la Sibérie et le Pacifique détourné vers la Chine. Et Moscou garantit à Pékin 15 millions de tonnes de pétrole par an pendant vingt ans.
Vives réactions en Australie
Au Sénégal, au Mali, ce sont les métaux, fer, phosphate, or, qui intéressent les Chinois. En échange, ils financent la construction de routes, de ponts, d'écoles.
Mais la boulimie chinoise n'est pas toujours du goût de tout le monde. En Australie, la décision de Chinalco d'investir 19,5 milliards de dollars dans le groupe minier anglo-australien Rio Tinto, criblé de dettes, provoque de très vives réactions. Réactions exacerbées par le projet d'un autre géant chinois, Minmetals, de prendre le contrôle de l'australien OZ minerals.
En septembre dernier, le gouvernement de Canberra avait donné son feu vert à une prise de participation de 49,9 % du chinois Sinosteel dans le groupe australien Murchinson. Mais cette fois-ci, un sénateur conservateur du parti d'opposition appelle à un veto des pouvoirs publics.
À l'autre bout de l'échiquier politique, un élu vert va encore plus loin. « Les communistes autocrates de Pékin n'autoriseraient jamais une société australienne à prendre le contrôle d'un périmètre équivalent de ressources chinoises », dénonce-t-il.
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| Signature :
A. R.
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Date : 24 février 2009 |
Titre : La Chine ferme le Tibet aux touristes étrangers
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Extrait : La Chine va fermer le Tibet aux touristes étrangers avant le 10 mars, jour du 50e anniversaire de l'insurrection tibétaine, a-t-on appris mardi 24 février auprès de voyagistes et d'hôtels. "Les autorités ont demandé aux agences de tourisme de cesser d'organiser des voyages pour les étrangers jusqu'au 1er avril", a indiqué à l'AFP une employée à Lhassa d'une agence officielle, sous le couvert de l'anonymat.Cette interdiction pour les étrangers de se rendre sur le "Toit du monde" a été confirmée à l'AFP par un hôtel de Lhassa, la capitale tibétaine, et trois agences de voyage de la ville de Chengdu, dans la province voisine du Sichuan, qui organisent habituellement des excursions au Tibet.
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Signature : |
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Date : 23 février 2009 |
Titre : Leçons de la visite en Chine de Hillary Clinton
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La visite que Hillary Clinton vient de terminer en Chine est importante parce qu'elle a précisé le pragmatisme de l'Administration Obama.
Et cela va bien au-delà des relations entre Washington et Pékin.
La secrétaire d'Etat a clairement affirmé que la priorité dans la relation avec Pékin n'était pas les droits de l'homme ou la question du Tibet.
<Nous devons continuer à insister auprès d'eux (sur les droits de l'homme). Mais notre insistance sur ces questions ne peut interférer avec la crise économique mondiale, avec la crise du changement climatique et avec la crise sécuritaire. Nous devons avoir un dialogue qui mène à une compréhension et à une coopération dans chacun de ces domaines>
Cette citation ne peut définir plus clairement les priorités de l'Amérique d'Obama.
C'est important pour deux raisons:
A cet égard, la réaction du Département d'Etat au referendum au Venezuela permettant la réélection à vie de Hugo Chavez est significative. Le porte-parole du Département d'Etat, Gordon Duguid a eu cette réponse: <le referendum a eu lieu dans le cadre d'un processus totalement démocratique... Ce fut un processus pleinement consistant avec les pratiques démocratiques...>
Ce ne sont pas des phrases qu'aurait prononcé un porte-parole de George W. Bush. Cela confirme que la nouvelle administration démocrate s'aligne davantage sur une dipolmatie réaliste comme celle du républicain Henry Kissinger (artisan de l'ouverture vers la Chine de Mao) plutôt que sur le droit de l'hommisme à la Jimmy Carter. |
Signature : Pierre Rousselin |
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| Lien :
http://www.lefigaro.fr/international/2009/02/21/01003-20090221ARTFIG00585-clinton-prone-la-cooperation-avec-pekin-.php |
| Date : 22 février 2009 |
Titre :
Clinton prône la coopération avec Pékin |
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Lors de ses entretiens avec les dirigeants chinois, Hillary Clinton a souligné la nécessité pour les deux plus grandes puissances de la planète de travailler ensemble.
La secrétaire d'État américaine, en visite en Chine, a appelé à un renforcement et un élargissement de la relation entre les deux pays face à la crise économique et au changement climatique. Elle s'est montrée plus discrète sur les droits de l'homme.
Les Etats-Unis et la Chine ont mis en sourdine leurs divergences sur les droits de l'homme samedi, à l'occasion de la visite de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, préférant mettre l'accent sur leur volonté de coopérer face à la crise économique et au changement climatique. Lors de ses entretiens avec les dirigeants chinois, dont le président Hu Jintao, Hillary Clinton a souligné la nécessité pour les deux plus grandes puissances de la planète de travailler ensemble.
Le chef de la diplomatie américaine et son homologue chinois Yang Jiechi ont indiqué, à l'issue de leurs discussions, que les deux pays avaient déjà commencé à préparer la réunion du G20 à Londres le 2 avril destinée à trouver une réponse mondiale à la crise économique. Les deux responsables ont d'ailleurs prévu de se retrouver le mois prochain aux Etats-Unis pour coordonner les positions au sommet, qui sera l'occasion également de la première rencontre bilatérale entre le président Barack Obama et le numéro un chinois Hu Jintao.
Le premier ministre Wen Jiabao a souligné le besoin de coopération entre les deux pays. «Alors que le monde subit les graves conséquences de la crise financière, j'ai beaucoup apprécié un proverbe (chinois) que vous avez cité : ‘Tous les pays devraient traverser la rivière de manière pacifique, car ils sont tous dans le même bateau'», a dit Wen, cité par l'agence officielle Chine Nouvelle. Ces dernières semaines, Pékin a fait part de son inquiétude face aux mesures protectionnistes contenues dans le plan de relance américain. Mais, Yang Jiechi a affirmé, après sa rencontre avec Clinton, qu'ils étaient tous deux convenus de «rejeter le protectionnisme dans le commerce et les investissements». La Chine a par ailleurs indiqué, selon la secrétaire d'État américaine, maintenir sa confiance dans les bons du Trésor américain, dont elle est le plus gros détenteur au monde. Yang s'est montré plus circonspect, tout en affirmant que la Chine ne changerait pas fondamentalement de ligne.
«Discussions franches» sur les droits de l'homme
Au chapitre du climat, Hillary Clinton a affirmé que les deux pays - les plus gros pollueurs de la planète - avaient «un intérêt commun» à obtenir un nouvel accord mondial sur la réduction des gaz à effet de serre, à l'origine du réchauffement climatique, en décembre à Copenhague. Samedi après-midi, accompagnée de son émissaire spécial pour le réchauffement climatique, Todd Stern, elle a visité à Pékin une centrale électrique de la compagnie américaine General Electric fonctionnant au gaz naturel.
Elle s'est en revanche montrée plus discrète sur l'épineuse question des droits de l'homme. Vendredi soir juste avant son arrivée, elle avait indiqué vouloir éviter que cette question n'occulte d'autres sujets, quitte à «choquer» plusieurs organisations internationales. Des défenseurs des droits de l'homme en Chine ont affirmé samedi être l'objet de harcèlements et d'intimidations de la part de la police durant la visite. Samedi, à l'issue de sa rencontre avec Yang Jiechi, Clinton a cependant assuré avoir eu des «discussions franches» sur les droits de l'homme. Son interlocuteur a jugé, lui, inévitables les divergences. «Mais j'ai également rappelé l'engagement du gouvernement chinois à poursuivre le dialogue avec les Etats-Unis sur la base de l'égalité et de la non-ingérence dans les affaires intérieures», a-t-il dit.
Dimanche, Hillary Clinton assistera à une messe et rencontrera des personnalités de la société civile avant de rentrer aux Etats-Unis.
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| Signature :
AFP
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Date : 19 février 2009 |
Titre : Positionnement du Gouvernement français sur les libertés en Chine et au Tibet
Question écrite n° 07517 de M. Jacky Le Menn (Ille-et-Vilaine - SOC) publiée dans le JO Sénat du 19/02/2009 - page 413.
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M. Jacky Le Menn attire l'attention de M. le ministre des
affaires étrangères et européennes afin de connaître sa position sur l'état
d'avancement des libertés dans la République populaire de Chine et en
particulier au Tibet.
En réponse à une question orale, le 5 février dernier au Sénat, Monsieur le Premier ministre a déclaré que « s'agissant du Tibet, la France reconnaît la souveraineté de la Chine dans ses frontières depuis 1964 » puis que « le Tibet fait partie intégrante de la République populaire de Chine ». Il a en outre réaffirmé la volonté de la France de renforcer son partenariat stratégique avec ce pays.
Il est tout aussi essentiel de rappeler ou de ne pas oublier qu'historiquement la République populaire de Chine a envahi le Tibet et que cette occupation s'est faite par la force. De nombreux Tibétains ont été tués ou obligés de fuir. Encore aujourd'hui, certains essayant de quitter la République de Chine pour rejoindre le gouvernement tibétain en exil, qui s'est constitué depuis plusieurs années déjà d'une manière démocratique avec notamment un parlement, sont tués sans sommation.
Cette véritable colonisation a entraîné 1,2 million de morts, la destruction de plus de 90 % du patrimoine culturel tibétain, et pourrait annoncer à terme le génocide complet du peuple tibétain. Aujourd'hui, il y a plus de Chinois au Tibet que de Tibétains, la situation écologique y est catastrophique, la torture y est toujours présente, l'emprisonnement pour convictions politiques ou religieuses aussi, les Tibétains sont considérés dans leur pays-même comme des citoyens de seconde zone, la censure y est totale comme dans tout le reste de la Chine …
Compte tenu de cette douloureuse histoire pour le peuple tibétain, il lui demande si le gouvernement de la France, qui est le premier à célébrer la fin des dictatures passées, considère que la Chine est bien une dictature, et si oui, quelles conséquences il entend en tirer sur le plan diplomatique pour notre pays.
Réponse du Ministère des affaires étrangères et européennes publiée dans le JO Sénat du 02/04/2009 - page 811
L'honorable parlementaire a bien voulu attirer l'attention
du ministre des affaires étrangères et européennes sur la politique chinoise
en matière de droits de l'homme, en particulier au Tibet. La situation au
Tibet et dans les zones de peuplement tibétain demeure préoccupante. Un an
après les émeutes qui ont marqué les zones de peuplement tibétain, en mars
2008, la situation politique et sécuritaire reste tendue. De surcroît, les
étrangers ne peuvent plus accéder au Tibet. Comme l'a rappelé récemment le
ministre des affaires étrangères et européennes, « la position de la France
est claire. La France n'a jamais soutenu l'indépendance du Tibet, pas plus
que le Dalaï Lama qui demande une autonomie réelle ». Un dialogue entre les
représentants du Dalaï Lama et les autorités chinoises est institué depuis
plusieurs années. La France et ses partenaires de l'Union européenne
souhaitent que ce dialogue, dont la dernière session a eu lieu en novembre
2008, reprenne au plus vite. Le premier ministre chinois a indiqué le
13 mars dernier que la porte du dialogue restait ouverte. La partie
tibétaine a répondu en soulignant que « le Dalaï Lama reste prêt à discuter
avec les dirigeants chinois pour trouver une solution mutuelle acceptable ».
Comme le ministre des affaires étrangères et européennes l'a indiqué à de
nombreuses reprises, seul un dialogue constructif permettra de parvenir à une
solution durable qui respecte l'identité culturelle et religieuse tibétaine
dans le cadre de la République populaire de Chine. La France espère que le
gouvernement chinois va très rapidement proposer aux représentants personnels
du Dalaï Lama une nouvelle opportunité de discuter. La violence, là comme
ailleurs, ne mène à rien, si ce n'est à retarder encore davantage l'émergence
d'une solution raisonnable. La France reste attentive à la question du
respect par la Chine des droits de l'homme et notamment au Tibet. Elle
s'efforce de promouvoir auprès des autorités chinoises les libertés
fondamentales et notamment la liberté de religion, d'association et d'expression. |
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Date : 17 février 2009 |
Titre : La Chine va créer une liste noire de journalistes
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Pékin entend ainsi priver de cartes de presse les journalistes chinois s'étant rendu coupables d'une «conduite professionnelle malsaine». Reporters sans frontières fait part de son inquiétude.
Alors que la Chine détient depuis 10 ans le triste record du pays qui emprisonne le plus ses journalistes, le pays s'apprête désormais à créer une liste noire les concernant.
Selon la numéro deux de l'administration générale de la presse et de l'édition, Li Dongdong, cette base de données réunira les journalistes s'étant rendu coupables d'une «conduite professionnelle malsaine», sans davantage de précisions.
Ces «transgresseurs seront interdits d'exercice des métiers de l'information», autrement dit de cartes de presse, a-t-elle ajouté à l'agence officielle de presse China News Service. Ces mesures ne s'appliquent toutefois pas aux journalistes étrangers qui dépendent du ministère chinois des Affaires étrangères.
Raison officielle de cette décision : «en finir avec les fausses informations». Une justification qui ne convainc pas tout le monde : «cette histoire de combattre les fausses nouvelles est un masque. Le problème des reportages et des reporters bidons est réel, mais il existe déjà beaucoup de moyens de les traiter», a ainsi réagi Li Datong, ancien responsable du China Youth Daily démis de ses fonctions pour avoir osé critiquer la censure.
Deux commémorations à surveiller
L'organisation Reporters sans frontières, qui dénonce régulièrement la corruption, la censure et les pressions subies par les journalistes, s'est également dite «inquiète» du renforcement de ce contrôle des médias locaux.
D'autant que cette liste noire ne serait qu'un volet d'une plus large surveillance des médias, via la délivrance de cartes de presse et les compétences requises.
Avant d'accueillir des milliers de journalistes étrangers à l'occasion des Jeux olympiques à l'été 2008, la Chine avait pourtant été contrainte de relâcher ses contrôles sur les médias et Internet.
Mais depuis, la crainte d'un nouveau recul de la liberté de la presse ne fait qu'augmenter, notamment à l'approche de deux commémorations ultrasensibles : le 50e anniversaire du soulèvement du Tibet le 10 mars et le 20e anniversaire des manifestations de Tian'anmen, le 15 avril prochain. |
Signature : Julie Connan (lefigaro.fr) |
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Date : 12 février 2009 |
Titre : Les internautes chinois ridiculisent la télévision nationale
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Les blagues fusent sur le Web chinois pour se moquer de la censure qui a voulu occulter l'incendie d'une tour à Pékin.
Il est rare que la propagande d'État en Chine se mette dans la position d'être ridiculisée par les 1,3 milliard de téléspectateurs de l'empire du Milieu. Mais l'incendie du chantier d'un immeuble de 29 étages, provoqué lundi soir par une fusée de feux d'artifice tirée depuis le siège de la télévision chinoise (la CCTV), et dont cette télé n'a ensuite soufflé mot, ridiculise le gouvernement chinois et sa censure.
Car 20 millions de Pékinois ont pu filmer en direct ce brasier, en plein cœur de la capitale, qui a coûté la vie à un pompier et en a blessé six autres, sans compter les centaines de millions de yuans partis en fumée.
Les causes de cet accident ? Des employés de la CCTV avaient fêté le dernier jour de l'année lunaire en tirant des feux d'artifice, en toute illégalité. L'une des fusées était tombée sur le toit de l'immeuble voisin en construction, qui devait héberger un grand hôtel de luxe, un studio de télévision et un centre technique, signé par l'architecte néerlandais Rem Koolhaas. L'un de ces totems de la modernité chinoise dont le gouvernement de Pékin a parsemé la capitale. Cela donc à deux pas de la magnifique tour CCTV, haute de 234 mètres, conçue par le même architecte…
Les Chinois ont eu mercredi l'illustration du processus systématique de désinformation dont ils sont quotidiennement l'objet : mardi matin, CCTV s'excusait pour cet accident, regrettant «les dommages importants que l'incendie a infligés aux propriétés du pays». Mais on ne trouvait pas d'images du sinistre à la une des quotidiens (tous soumis à la censure du Parti communiste chinois), sur les sites d'Internet (filtrés par la même censure) ou sur les petits écrans. Dès mardi soir, l'affaire avait été gommée par l'agence Chine nouvelle. Et bien sûr par CCTV, chargée de lancer prochainement une chaîne d'information continue internationale, une CNN à la chinoise…
«Médias du peuple»
Comme les Chinois ont un grand sens de l'humour et adorent se moquer de leurs dirigeants, les internautes ont fait circuler des images de l'incendie - et de la fusée CCTV qui l'avait provoqué - sur leurs ordinateurs et leurs téléphones mobiles. Wang Xiaofeng, un blogueur, commentait : «Les employés de la CCTV ont accidentellement créé l'un des événements majeurs de l'année, mais ils n'ont pas su en parler. Ils n'ont pas senti l'urgence de rapporter ces événements, alors qu'ils se déroulaient sous leurs yeux… Les médias officiels ont été battus par les médias du peuple.»
C'est ainsi que les malheureux censeurs d'Internet en Chine (ils sont 40 000) ont beaucoup de travail pour effacer de la Toile tous ces commentaires désobligeants. Car, de toute évidence, la censure en Chine n'apprécie pas l'information de proximité. Elle reste en retard d'un quart de siècle sur une population beaucoup plus mature qu'elle. Et sur des milliards de SMS rigolards, impossibles à sanctionner.
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Signature : François Hauter |
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Date : 5 février 2009 |
Titre : Sénat. Compte rendu analytique officiel du 5 février 2009. Question d'actualité au gouvernement concernant les : Relations franco-chinoises.
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M. Jean-Pierre Raffarin . - (Applaudissements à droite) Ma question s'adresse à M. le Premier ministre et j'y associe M. Jean Besson, président du groupe d'amitié France-République populaire de Chine au Sénat. Il y a quarante-cinq ans, le Général de Gaulle était le premier chef d'État occidental à prendre l'audacieuse initiative de nouer des liens diplomatiques avec la République populaire de Chine. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP)
M. René-Pierre Signé. - On applaudit des décisions qui datent de quarante-cinq ans !
M. Jean-Pierre Raffarin. - Il est paradoxal que le pays qui eût le premier la clairvoyance de comprendre à quel rôle mondial la Chine était appelée soit aujourd'hui dans une situation diplomatique difficile vis-à-vis d'elle. La place de la Chine sur la scène mondiale est à présent évidente ; elle a été confortée par la présence de ses représentants au dernier G20 à Washington, à l'initiative du Président de la République. Il faut prendre au sérieux les décisions récentes de la Chine qui ont conduit au report du sommet Europe-Chine sous présidence française et au récent tour de France... à l'extérieur de France du premier ministre chinois, M. Wen Jiabao.
Nous avons fait le choix d'un partenariat stratégique global avec la Chine et soutenons l'ouverture de la Chine sur le monde. En période de crise, le repli d'un peuple sur lui-même est préoccupant.
Tous nos chefs d'État, de Charles de Gaulle à Jacques Chirac en passant par Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, comme le Président Sarkozy, se sont montrés attachés à l'amitié franco-chinoise. La France ne remet pas en question la souveraineté territoriale de la Chine, comme elle souhaite que l'on ne remette pas en question la sienne.
M. René-Pierre Signé. - Vive le Tibet !
M. Jean-Pierre Raffarin. - Elle respecte sa civilisation millénaire et ses performances économiques. L'amitié entre les peuples se construit sur la réciprocité du respect.
M. René-Pierre Signé. - Ce n'est pas une question, c'est un discours ! (« La question ! La question ! » sur les bancs du groupe CRC-SPG)
M. Jean-Pierre Raffarin. - A entendre la réaction de l'opposition, il faut croire que nos relations avec la Chine sont une question subalterne ! (Exclamations à gauche)
Voix à gauche. - Posez donc votre question !
M. Jean-Pierre Raffarin. - Monsieur le Premier ministre, quelles initiatives la France compte-t-elle prendre pour conforter le partenariat global stratégique qu'elle a noué avec la Chine ? (« Enfin ! » à gauche)
M. Didier Boulaud. - Un rendez-vous avec le Dalaï-lama !
M. Jean-Pierre Raffarin. - Nous serons quelques-uns à porter votre message la semaine prochaine...
M. Thierry Repentin. - ...à Lhassa ! (Sourires à gauche)
M. Jean-Pierre Raffarin. - ...en Chine ! (Applaudissements sur les bancs UMP)
M. François Fillon, Premier ministre . - Monsieur le Premier ministre Raffarin, je vous remercie de me donner l'occasion de préciser notre politique à l'égard de la Chine et de saluer le rôle si important que vous jouez pour l'amélioration et l'approfondissement des relations franco-chinoises. (Exclamations ironiques à gauche) Cette politique, vous l'avez souligné, s'inscrit dans la durée depuis que la France, par la décision du Général de Gaulle, a été le premier pays à reconnaître la République populaire de Chine...
M. Didier Boulaud. - ...et à quitter le commandement intégré de l'Otan !
M. François Fillon, Premier ministre. - ...il y a quarante-cinq ans, considérant que le retour de la Chine au sein de la communauté internationale permettrait de mieux gérer les affaires du monde et faciliterait l'ouverture de ce pays. Ce choix est plus actuel que jamais. Ce pays, par son histoire, par sa démographie...
M. Jean-Pierre Michel. - ...par sa démocratie ! (Sourires à gauche)
M. François Fillon, Premier ministre. - ...ne peut être ignoré. Le monde a besoin de la Chine pour sortir de la récession dans laquelle il se trouve. Comment pourrions-nous espérer redresser la situation sans un plan de relance de la Chine ? Le monde a besoin de la Chine pour gérer les grandes questions sécuritaires, pour lutter contre le réchauffement climatique. Pour être efficaces, les décisions que nous avons prises à 27 au sein de l'Union européenne doivent être respectées par tous et, notamment, par un grand pays tel que la Chine. J'espère, d'ailleurs, que nous parviendrons à un accord international sur ce dossier avant la fin de cette année.
S'agissant du Tibet, la France reconnaît la souveraineté de la Chine dans ses frontières depuis 1964.
M. Christian Poncelet. - Eh oui !
M. François Fillon, Premier ministre. - Le Tibet fait partie intégrante de la République populaire de Chine. Reste qu'il existe un chef religieux qui représente le bouddhisme tibétain, que nous avons le droit de recevoir et avec lequel nous avons le droit de parler, comme le font tous les autres chefs d'État occidentaux. La Chine a mal réagi, c'était prévisible, à la rencontre entre le Dalaï-lama, et le Président. Mais cet incident n'entame en rien notre volonté de renforcer le partenariat stratégique avec la Chine. A preuve, l'envoi d'une mission commune dans le golfe d'Aden pour lutter contre la piraterie, le front uni que nous avons constitué face à la menace, pour le monde, d'un Iran doté de l'arme nucléaire ou encore nos coopérations, notamment, dans le domaine scientifique, médical et de l'énergie. La France continuera, comme elle s'y est employée depuis quarante-cinq ans ans, de renforcer le partenariat stratégique avec la Chine. Je me réjouis, monsieur Raffarin, que la délégation que vous conduirez à Pékin à l'occasion de la célébration du rétablissement de nos liens diplomatiques porte ce message du gouvernement français ! (Applaudissements à droite)
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Date : 29 janvier 2009 |
Titre :
La répression s’amplifie au Tibet
Chine . 81 arrestations en deux semaines.
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La campagne s’intitule «Frapper fort» et vise à créer «un bon environnement social» au Tibet, entre le Nouvel An chinois, célébré lundi, et le tibétain qui doit l’être le 25 février. Depuis le 18 janvier, plus de 200 policiers ont ratissé jour et nuit bars, hôtels et appartements, 8 424 personnes ont été interrogées et 81 arrêtées. Les suspects sont accusés de vol, de prostitution ou de détenir des faux papiers, mais pas seulement. Deux personnes ont notamment été arrêtées pour avoir téléchargé de la «musique réactionnaire» ou tenu des «propos réactionnaires» sur leurs téléphones portables. En décembre, 59 personnes avaient déjà été arrêtées au Tibet, dont certaines pour ce motif. Selon les organisations protibétaines, ces arrestations s’ajoutent à des centaines d’autres, perpétrées depuis les émeutes de mars. Des manifestations pacifiques avaient dégénéré, et la répression avait fait près de 200 morts et 1 000 blessés selon les exilés. Pékin avait reconnu 21 morts, tous du côté des forces de l’ordre.
Pour les organisations protibétaines, Pékin, très nerveux à l’approche du cinquantième anniversaire du soulèvement tibétain de mars 1959, intensifierait la répression. Selon International Campaign for Tibet (ITC), la campagne a pour but «d’intimider les Tibétains». Le pouvoir, qui devra également affronter en juin le 20e anniversaire des événements de Tiananmen, a récemment durci son contrôle : 1 500 sites Internet ont été bloqués depuis début janvier, sous couvert d’une «campagne morale de lutte contre la pornographie et les vulgarités».
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Signature :
Pascale Nivelle
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| Lien :
http://www.lefigaro.fr/international/2009/01/12/01003-20090112ARTFIG00297-la-chine-se-lance-a-la-reconquete-des-oceans-.php
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| Date : 12 janvier 2009 |
Titre :
La Chine se lance à la reconquête des océans
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Le 26 décembre dernier, deux destroyers et un bâtiment logistique s'élançaient de l'île de Hainan, au sud du pays, vers la Somalie.
Pour la première fois depuis des siècles, Pékin a envoyé des navires de guerre loin de ses côtes, pour lutter contre la piraterie. Autres signes frappants : le gouvernement a annoncé son intention de construire un porte-avion et les chantiers navals du pays font une percée fulgurante sur le marché mondial.
Cela faisait près de six cents ans qu'une flotte chinoise n'avait pas cinglé vers des mers lointaines, pour une mission décidée au plus haut sommet de l'Empire. Il y a deux semaines, quand trois navires de guerre chinois ont appareillé de l'île de Hainan, dans le sud de la Chine, pour aller châtier les impudents pirates de la Corne de l'Afrique, les étendards du grand Zheng He flottaient dans tous les esprits. À l'aube du XVe siècle, le grand eunuque de la Cour, devenu l'amiral des Mers de l'Ouest, avait mené les grandes jonques chinoises jusque sur les côtes de Somalie, après avoir sillonné les eaux de l'océan Indien en sept expéditions, entre 1405 et 1433. Les grandes aventures maritimes de la dynastie Ming vers «l'au-delà de l'horizon» avaient duré une trentaine d'années, avant que l'Empire ne se referme sur lui-même. Alors que la Chine avait inventé bien des lustres avant les Européens le compas de navigation ou le gouvernail d'étambot, elle allait laisser la maîtrise des mers aux Occidentaux. En 1500, un édit impérial punissait de mort quiconque entreprendrait de construire un navire de plus de deux mâts et donc taillé pour la haute mer…
Les temps sont à nouveau au grand large. Bien sûr, l'armada du président Hu Jintao - avec ses deux destroyers et leur nounou logistique - est plus modeste que la «Flotte des trésors» dépêchée par l'empereur Zhu Di, forte de 200 esquifs embarquant plus de 27 000 marins, soldats ou scientifiques. Mais la décision chinoise n'en est pas moins symbolique, à plus d'un titre. Sur le versant diplomatique, d'abord, Pékin se pose un peu plus en acteur à part entière du grand jeu international. Pour Li Wei, du China Institute of Contemporary International Relations, pas de bascule dans une nouvelle «diplomatie de la canonnière» cependant. «La Chine ne fait qu'assumer ses responsabilités internationales, explique-t-il, avec le confort d'une opération légitimée par l'ONU et pour une cause consensuelle.» Au passage, les Chinois ne sont sans doute pas fâchés de montrer à New Delhi qu'océan Indien ne signifie pas «océan des Indiens».
Sur le plan militaire, ensuite, les Chinois doublent un petit cap puisque même si l'ennemi est de faible stature, ils pourraient cette fois-ci être amenés à faire parler la poudre. Jusqu'à présent, que ce soit au Liban ou au Soudan, Pékin n'avait déployé que des éléments logistiques. Cette dimension opérationnelle a d'ailleurs sa part de risques. Pour leur première grande sortie en haute mer, les marins chinois sont observés de près par toutes les marines occidentales croisant entre Aden et Mombasa. Et des besoins de coordination avec les «alliés» pourraient amener les si secrets militaires chinois à se dévoiler un peu. Or, des problèmes d'organisation ou techniques rencontrés par leurs navires feraient perdre la face aux amiraux de Pékin. Même si la flotte chinoise affiche sur le papier un tonnage impressionnant, elle compte encore peu de bâtiments très modernes et ses capacités tactiques restent à prouver.
Une volonté d'hégémonie régionale
Côté mer, enfin, le signal est clair : la Chine affiche en douceur ses nouvelles ambitions navales. Pour quelles raisons cette puissance continentale, traditionnellement autocentrée, se retourne-t-elle aujourd'hui vers la mer ? Il y a Taïwan, toujours, mais aussi à l'évidence une volonté d'hégémonie régionale et le souci de sécuriser des routes maritimes essentielles pour l'approvisionnement énergétique. En cas de conflit, une flotte américaine pourrait aisément fermer le vital détroit de Malacca par lequel passe 80 % du pétrole importé chinois. Sous la dynastie Ming, une lutte permanente opposait les eunuques, partisans d'une ouverture sur l'extérieur, et les lettrés confucéens, campant sur une ligne plus traditionnelle et domestique. Il est savoureux de voir que ces clivages ont passé l'épreuve des siècles, même si l'on parle aujourd'hui de «réformateurs» et de «conservateurs». Avec des divergences toujours sur le degré d'ouverture de la Chine, mais un relatif consensus sur l'affirmation d'une puissance renaissante. La crise économique mondiale actuelle et les difficultés américaines renforcent d'ailleurs les Chinois dans la conviction que l'heure d'un rééquilibrage des forces en Asie-Pacifique a sonné. Aux États-Unis, des voix s'alarment déjà d'une suprématie de la VIIe flotte américaine menacée à terme par la montée en puissance de la marine chinoise.
Pour donner corps à son nouveau tropisme océanique, Pékin a poussé les feux tant dans le domaine civil que militaire. En 2000, le gouvernement chinois a lancé le plan «Haute Technologie maritime». La machine s'est mise en branle avec la même démesure qu'à l'époque de Zheng He, quand 50 millions d'arbres avaient été abattus pour construire une flotte sur les rives du fleuve Bleu. Aujourd'hui, les chantiers navals chinois besognent de la tôle à plein régime. Ils se sont hissés à la 3e place mondiale et devraient faire la course en tête avant 2020. Côté quai, sept des vingt premiers ports mondiaux sont aujourd'hui chinois. Le commerce extérieur de la Chine dépend à 90 % des voies maritimes et les industries de la mer pèsent pour plus de 10 % du PIB chinois.
L'Armée populaire chinoise (APL), aussi, a dû s'ouvrir à l'air marin. «Le 5e livre blanc élaboré en 2006 concrétise la prise de conscience maritime de Pékin, entamée à l'orée des années 1990, explique Olivier Zajec, de la CEIS (Compagnie européenne d'intelligence stratégique), l'ordre des priorités s'y déplace d'une armée de terre traditionnellement dominante vers une marine et une armée de l'air désormais choyées». Des experts comme Li Cheng et Scott W. Harold ont noté que le comité central du PCC et la commission militaire centrale se coloraient de bleu, en hébergeant de plus en plus d'aviateurs et de marins. Ils représentaient 27 % de l'élite militaire chinoise en 2007, contre 14 % en 1992. Les moyens, les bateaux donc, suivent. Et Pékin avance de moins en moins masqué. Le 23 décembre dernier, le ministère chinois de la Défense a pour la première fois confirmé officiellement que la Chine avait l'intention de construire un porte-avions. Le geste n'est pas anodin puisque jusqu'à présent, le sujet restait dans le flou pour ne pas effrayer les voisins. En fait, la Chine envisagerait de se doter de quatre porte-avions, les deux premiers pouvant être mis en chantier cette année pour être opérationnels en 2015. Il y a aussi le porte-avions Varyag, acheté à Moscou et depuis scotché au quai mais qui pourrait servir à des expérimentations. «La mise en œuvre d'un porte-avions nécessite la synchronisation de systèmes d'armes très complexes et cette maîtrise prend du temps, d'autant que les Chinois vont agglomérer des technologies propres et russes, confie un expert, et les futurs porte-avions chinois seront de taille moyenne.» Pas de quoi rivaliser avec les 12 porte-avions géants américains, mais assez pour asseoir sérieusement une puissance régionale. D'autant que les Chinois ont des atouts plus crédibles sous la mer. Ils disposent de sous-marins d'attaque classiques et nucléaires et travaillent dur à améliorer leur maîtrise encore imparfaite de l'arme nucléaire sous-marine.
Action contre les pirates du golfe d'Aden
À l'est comme au sud des mers de Chine, les rivalités et sujets de frictions ne manquent pas tout au long des 14 500 kilomètres de limites maritimes et Pékin revendique l'entière souveraineté de quatre millions de kilomètres carrés de mer. Les contentieux, autour de bouts de rochers et de carrés d'eau, affleurent avec plus d'une demi-douzaine de pays, du Japon au Vietnam en passant par les Philippines, l'Indonésie, la Malaisie, Brunei… Ces jours-ci, une querelle a ressurgi entre Tokyo et Pékin, les Japonais reprochant à la Chine d'exploiter un gisement de gaz dans une zone contestée de la mer de Chine orientale, en violation d'un accord passé en juin. En sus de l'Inde aux fortes ambitions maritimes, le Japon est d'ailleurs le principal concurrent de la région sur le plan naval. À plusieurs reprises, des sous-marins chinois sont ainsi allés tester les sonars japonais. Et en envoyant des navires contre les pirates du golfe d'Aden, la Chine a marqué des points par rapport au rival japonais, qui hésite encore pour des barrières constitutionnelles. Il y a deux jours, Washington a encore exhorté Tokyo à dépêcher des bateaux au large de la Somalie.
Si les Chinois ont depuis longtemps entrepris de faire un lac chinois des «eaux vertes», celle peu profondes des mers de Chine orientale et méridionale, ils devraient de plus en plus s'aventurer sur les «eaux bleues» du grand large. En océan Indien, Pékin fabrique minutieusement son «collier de perles», comme on appelle ce chapelet de bases situées à Gwadar au Pakistan, à Chittagong au Bangladesh, à Marao aux Maldives ou sur les îles Cocos en Birmanie. Alors que la Santa Maria de Christophe Colomb et ses 85 pieds de long fait figure de petite annexe à côté des 400 pieds de la jonque amiral de Zheng He, la Chine a laissé la «première mondialisation», celle du temps des grandes découvertes, se faire au profit aux Occidentaux. Tout laisse penser qu'elle entend bien s'inscrire dans le sillage du nouveau grand mouvement mondial
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| Signature :
Arnaud de la Grange, correspondant à Pékin
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Date : 11 décembre 2008 |
Titre :
Les droits de l’homme à la sauce pékinoise
Chine . Les signataires de la «Charte 08» réclamant, entre autres, la fin du parti unique ont été arrêtés.
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«C’est le jour des droits de l’homme, mais cela n’existe pas en Chine. Je veux ma terre, je veux manger.» La scène, inhabituelle, se passait hier à Pékin. A genoux devant le ministère des Affaires étrangères, au milieu d’une vingtaine d’autres, Yang Guiyin a raconté l’expropriation de sa maison du Shanxi, trois séjours en camp de travail, des coups et des années de combat pour obtenir justice. Autour, certains brandissaient la Constitution chinoise, d’autres des photos de parents disparus. Tous réclamaient le respect des droits de l’homme. Une demi-heure plus tard, ils étaient embarqués dans un bus, pour une destination inconnue.
Répression. Les plus pauvres, et aussi les intellectuels chinois, ont voulu célébrer le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Mardi, plusieurs centaines d’avocats, écrivains ou artistes ont signé une «Charte 08», lancée par deux figures du printemps de Tiananmen, Liu Xiaobo et Zhang Zhuhua. Le premier, 53 ans, ancien professeur de philosophie à l’université de Pékin, a passé vingt mois en prison pour avoir rejoint le mouvement des étudiants en 1989. Il vit sous surveillance depuis vingt ans, interdit d’enseigner. Zhang Zhuhua avait quitté la Ligue de la jeunesse communiste pour protester contre la répression, qui avait fait des centaines de morts.
La Charte 08 réclame la fin du parti unique, la liberté d’association, de religion et une amélioration des droits de l’homme et de la démocratie. «Rien dans ce document ne s’oppose à la Constitution chinoise, explique Mo Shaoping, un avocat signataire. Il reprend les idées et les valeurs de la Déclaration universelle.»
Lundi soir, Zhang Zhuhua a été interpellé à son domicile. Les policiers ont fouillé son appartement, saisi son ordinateur, ses livres et ses carnets d’adresse. Il a été emmené dans un commissariat pour y être interrogé sur la Charte 08. Les policiers l’ont relâché au bout de douze heures. «Je leur ai dit que cette arrestation aurait beaucoup de répercussions et donnerait une mauvaise image, a confié Zhang au journal hongkongais South China Morning Post. Mais ils ont répondu qu’ils s’en fichaient.» Liu Xiaobo, l’autre rédacteur de la charte, a lui aussi été arrêté par une dizaine de policiers. Sa femme, Liu Xia, placée sous surveillance, était sans nouvelles hier matin. Interrogé sur ces arrestations, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Liu Jianchao, a assuré qu’il n’était pas courant. Et qu’il était «sceptique» : «La liberté d’expression est inscrite dans la Constitution chinoise», a-t-il déclaré. Selon le groupe Chinese Rights Defenders, une dizaine d’autres activistes signataires de la charte auraient été arrêtés en province ces derniers jours.
Ironique. Le gouvernement chinois a, lui aussi, célébré l’anniversaire hier, en publiant sur le fil de l’agence Chine Nouvelle une interview «exclusive» de Wang Chen, directeur de l’information au Conseil d’Etat. Celui-ci a parlé de «progrès historiques» en matière de droits de l’homme depuis trente ans, tout en reconnaissant qu’il restait «beaucoup de problèmes et difficultés» tels que les inégalités sociales ou la faiblesse des structures politiques.
Sur Internet, ses déclarations ont déclenché des records de connexions et de commentaires, souvent sur le mode ironique. «Oui, c’est la meilleure période, on n’est pas loin de la Corée du Nord, continuons nos efforts», grince un internaute sur le forum de discussion Tianya. «Le gouvernement explique que le premier droit de l’homme en Chine, avec une énorme population, est d’être nourri. Dans ce cas, les cochons y ont droit eux aussi», écrit un autre, qui s’étonne que l’interview n’ait pas été publiée «dans la page humour». Pour un commentateur, «90 % des paysans ne connaissent pas les mots "droits de l’homme".» Les réactions sur Internet, seul espace d’expression, sont de plus en plus virulentes depuis la fin des JO. Le succès de ces derniers, fruit d’un énorme investissement, a été balayé par le scandale du lait contaminé et les premiers effets de la crise économique.
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Signature :
Pascale Nivelle
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Date : 11 août 2008 |
Titre :
EDF finalise un accord nucléaire avec la Chine
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Le groupe français va investir dans des centrales chinoises, confirmant ainsi l'accord signé en novembre 2007.
Le refroidissement temporaire des relations entre Paris et Pékin n'a pas porté préjudice à EDF. Le groupe français a finalisé dimanche un accord stratégique avec China Guangdong Nuclear Power Company (CGNPC), portant sur la construction de deux centrales nucléaires, révélé en novembre 2007 à l'occasion de la visite de Nicolas Sarkozy en Chine. « L'accord de plusieurs milliers de pages qui aborde de nombreux sujets, dont la gouvernance d'entreprise, doit encore recevoir l'ultime approbation des autorités chinoises », tempère Hervé Machenaux, directeur d'EDF pour l'Asie et le Pacifique.
Ainsi à Taishan dans la province de Guangdong, EDF va devenir non seulement constructeur et opérateur dans l'empire du Milieu mais également, et c'est la première fois, investisseur dans la production nucléaire. EDF détiendra 30 % de la coentreprise dénommée Guangdong Taishan Nuclear Power Joint Venture Company Limited. Le groupe investira plus de 600 millions d'euros lors des quatre prochaines années.
Les deux réacteurs EPR de 1 600 mégawatts seront identiques à celui de Flamanville. Ils sont vendus par Areva pour environ 8 milliards d'euros, (avec le combustible). Alstom participe également à ce projet. La construction débutera à l'automne 2009, alors que la première unité entrera en fonction en 2013 et la deuxième en 2015.
Quatre pays cibles
Si les observateurs notent que la finalisation de l'accord intervient peu après la venue de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, EDF reste néanmoins l'un des rares groupes mondiaux capables de fournir une telle expertise dans le domaine du nucléaire. De plus, EDF entretient des relations étroites avec la Chine. Le groupe a déjà exercé un rôle de maître d'œuvre pour les centrales de Daya Bay et de Ling Ao. Pour EDF, cette opération est un cap décisif. L'entreprise dirigée par Pierre Gadonneix légitime ainsi ses ambitions mondiales.
EDF, confronté à la saturation du marché français, a toujours affirmé qu'il s'était fixé quatre pays cibles : la Chine, les États-Unis, l'Afrique du Sud et la Grande-Bretagne. La signature de cet accord tombe d'ailleurs très opportunément après la fin des discussions avec British Energy.
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Signature :
Charles Gautier
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| Lien :
http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1033955
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| Date : 24 avril 2008 |
Titre :
Le premier ministre chinois salue les propos antiboycott de Jean-Pierre Raffarin
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Wen Jiabao a rencontré l'ancien premier ministre en visite en Chine avec le président du Sénat, Christian Poncelet. Dans un entretien au "China Daily", Jean-Pierre Raffarin a jugé que la décision de faire du dalaï-lama un citoyen d'honneur de la Ville de Paris constituait une "très grave erreur politique". Le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a reçu Jean-Pierre Raffarin, jeudi 24 avril, et s'est félicité des récentes déclarations de l'ancien premier ministre appelant à ne pas boycotter la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques.
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| Signature :
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BILAN APRES PLUS DE 50 ANS D'OCCUPATION CHINOISE :
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Plus d'un million de morts ;
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Plus de 6 000 temples détruits ;
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Stérilisations et avortements forcés ;
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Tortures systématiques sur les prisonniers ;
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Le niveau de vie le plus bas de la République Populaire de Chine ;
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L'environnement gravement menacé (déforestation massive, surexploitation des ressources minières, destruction des espèces animales sauvages, stockage de déchets radioactifs, essais nucléaires...) ;
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Des millions de colons chinois dans les régions annexées de l'Amdo (Qinghaï) et du Kham (Sichuan) ;
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Plus de chinois que de tibétains aujourd'hui au Tibet
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